« J’ai choisi la vie d’éleveur de brebis et de maraîcher. Avant tout, je voulais fuir le néant et l’humiliation du salariat. Devant l’horizon saturé de la société industrielle, j’aurais pu me satisfaire d’une discrète fréquentation du vivant : un petit jardin, une petite basse-cour, deux ou trois brebis, quelques fruitiers… Mais j’ai eu ce pressentiment tenace : à ces petites fréquentations de la nature quelque chose manque, ou plutôt, que d’une fréquentation, on peut toujours s’absenter ; et que cela, confusément, je n’en voulais pas. Au contraire, je cherchais à être pris. »
Dans cette nouvelle édition augmentée, Yannick Ogor revient sur la mort de Jérôme Laronze, éleveur en Saône-et-Loire, écrasé par l’administration agricole et abattu par des gendarmes. En ces temps de pandémies dans les élevages intensifs, comment faire face à un système qui prétend « protéger les populations » en éliminant les agriculteurs ?
Yannick Ogor, travailleur de la terre en Bretagne, ancien animateur de la Confédération paysanne, retrace les luttes du monde agricole en France depuis soixante ans, leurs tentatives et leurs impasses. Depuis sa première parution en 2017, ce livre est devenu une référence.
Entretien exclusif avec Yannick Ogor, auteur du Paysan impossible (2023) et Gus, éleveur de bovins en Ariège
Le vendredi 12 décembre 2025, les services de l’État mettent à mort les 200 bovins d’une ferme des Bordes-sur-Arize (Ariège), dont une des vaches est touchée par la dermatose (DNC). Un appel national à bloquer les abattages systématiques de troupeaux est lancé par la Coordination rurale, syndicat agricole ouvertement d’extrême droite. Le mouvement prend de l’ampleur et la Confédération paysanne appelle à rejoindre le mouvement.
Une semaine après le début du mouvement de contestation, cette conversation à bâtons rompus donne un éclairage inattendu sur les normes sanitaires, l’économie agricole et la montée de l’extrême-droite dans le monde agricole.
