« “Ça ne valait pas la peine, mais ça valait le coup” : gravez-moi donc ça sur un carré de pierre simple ou un cube de béton percé en boîte aux lettres que je puisse continuer mes éternelles correspondances d’amitiés amoureuses… Et, s’il vous plaît, d’encore me laisser ouverts les yeux : merci ! »
Hafed Benotman nous a quitté en février 2015. Entre 1976 et 2007, notre ami braqueur-sans arme avait passé dix-sept ans en prison. Il était aussi un auteur talentueux de romans, de nouvelles, de pièces de théâtre, de chansons qui ont toujours eu comme sujet l’opposition viscérale à toutes les formes d’enfermement. En 2001, il participe à la création de L’Envolée, un journal et une émission de radio. dont le but est aujourd’hui encore la critique et le combat contre la justice et la prison. Nous publions dans ce livre les textes et lettres qu’il a écrit pour ce journal. Le livre est accompagné d’un disque – florilège de quelques-unes de ses interventions radiophoniques dans l’émission hebdomadaire de L’Envolée.
« Dans ce recueil de textes et de lettres consacrés à l’univers carcéral, le misérabilisme est aux abonnés absents. « Je n’ai jamais été en souffrance en prison, écrivait il. Elle est pour moi un terrain de lutte. Un territoire social et un espace de rencontres. Je n’étais pas verrouillé sur moi-même. J’étais avec les autres. » Au fil des pages, fractionnées en 26 thématiques (de A comme « afranchi à Z comme « zonzon »), l’homme multiplie les engagements. Contre les quartiers d’isolement, « un couloir dont la porte ne s’ouvre même plus sur la mort biologique mais sur un enfer légal, codifié ». Contre les religions, de tous bords (« J’ai rencontré Dieu en prison. Il y était pour escroquerie ») Et contre la prison vue comme une « forme de gestion de la misère sociale ». Des textes forts et grinçants, portés par une plume aussi légère que balistique ». Le Canard Enchainé
L’échapée beau – Le Canard Enchaîné, 19 Juillet 2017
Prison et écriture : haute surveillance, entretien avec Abdel Hafed Benotman – Patricia Osganian, Mouvements, 26 février 2015
Trois raisons de (re)lire Abdel Hafed Benotman – Hubert Prolongeau, Télérama, 24 février 2015
